ACADEMIE des VERTS Africains (DAKAR)

THEME DE L’ACADEMIE DE DAKAR

 

Le thème transversal retenu pour cette année est : « Solutions locales pour un désordre global ». 

Le dérèglement écologique mondial est une conséquence directe de notre système de production et de consommation. Il en résulte une crise profonde qui menace gravement la sécurité alimentaire de l’humanité. Pourtant, des solutions existent. Et toutes se fondent sur l’élaboration d’un autre type de société.

Solutions locales pour un désordre global est une invitation à réparer les terres, remettre en place une agriculture saine et durable qui redonnerait du travail à des millions de personnes. Les solutions sont connues, les politiques doivent à présent agir pour garantir notre sécurité alimentaire.

On y apprend que l’agriculture industrielle provient des surplus d’armes, suite à la Seconde guerre mondiale. L’ammoniac restant a alors été utilisé comme engrais. Le gaz moutarde a donné naissance aux pesticides. Il s’agirait alors d’ « une agriculture d’attaque contre la terre ». Le pouvoir des paysans était, il n’y a encore que 50 ans, de connaître la qualité des diverses semences et de savoir les choisir en fonction des réalités régionales.

L’industrie agroalimentaire a tout basculé en n’autorisant qu’un certain nombre de semences sur le marché. La totalité de celles-ci est, pour beaucoup d’espèces, non reproductibles. Ainsi, tous les bienfaits offerts gratuitement par la nature ont été remplacés par des semences non reproductibles, des pesticides et l’élimination de la biodiversité.

La terre est à présent morte et ne peut plus produire sans ajout à outrance d’engrais chimiques. Les acteurs du milieu parlent alors de « désert virtuel », pour le moment.

Mais qu’adviendra-t-il lorsqu’il n’y aura plus de pétrole pour produire les pesticides et les engrais chimiques? L’ironie du sort est qu’après avoir détruit la vie des sols, les engrais chimiques semblent nécessaires pour pouvoir continuer la production. Mais des solutions naturelles existent pour redonner vie à la terre…

C’est uniquement en redéfinissant les bases de l’agriculture qu’une agriculture durable est possible. Sinon, comme l’affirme Pierre Rhabi, l’un des pionniers de l’agriculture écologique « bientôt lorsqu’on se mettra à table, plutôt que de se souhaiter bon appétit, il faudra se souhaiter bonne chance ».

La crise, qui n’est pas qu’une crise conjoncturelle, nous oblige à penser autrement la croissance, en nous concentrant davantage qu’à son indice, à son contenu et à son caractère nécessairement sélectif pour une croissance ou un développement à haute valeur écologique ajoutée.

 

Pour impulser cette transition écologique, nous portons la social-écologie, comme fondement d’un nouveau projet politique.

 

La social-écologie a pour objectif de rendre explicite le lien entre écologie, justice sociale, santé, progrès et création de richesse. En prenant acte de l’insoutenabilité de notre développement, la social-écologie ouvre la voie vers un projet politique pragmatique et ambitieux.

 

La transition écologique n’est pas une option, mais un devoir. Ce n’est pas une contrainte mais une chance : celle de refonder notre modèle de développement pour le bien-être commun et l’interdépendance de l’Homme et de la nature.

 

Cette une trajectoire qui doit aussi mobiliser tous les acteurs, et faire preuve d’une coopération entre l’État, les entreprises et les citoyens africains. La coopération de l’Etat avec les collectivités territoriales, et la communauté internationale est également primordiale pour la transition écologique de l’Afrique.

 

Ancrée dans les valeurs d’égalité et de justice sociale, la social-écologie réactualise le socialisme, prouvant qu’il est une pensée en mouvement inspirée par le réel et ses évolutions.

 

L’Afrique n’a pas à attendre l’initiative des autres pays européens pour lancer la transition écologique, et pour, dans certains domaines, les rattraper.

 

L’Académie de Dakar veut participer à cette réflexion avec des intervenants nombreux au plein cœur de la transition. D’autres intervenants provenant d’initiatives alternatives présenteront leurs solutions locales, pour un désordre global.

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