LA CHARRETTE A DAKAR

Ce véhicule hippomobile communément appelé « charrette » est omniprésent à Dakar, dans les quartiers et surtout ceux qui sont en chantier, mais aussi sur des routes très fréquentées, offrant un spectacle contrasté dans une métropole dépassant trois millions d’habitants.

La charrette transporte les gens et les biens pour pas cher, les matériaux de construction, les citernes d’eau et, de plus en plus, les déchets dans les quartiers dont les bennes de la société de nettoiement ne passent pas. On voit la charrette sur les voies les plus fréquentées ne respectant point le code de la route encore moins les agents de la circulation. Le charretier, venant de tout sens avec une audace telle, charge même les automobilistes tout en leur faisant savoir qu’il n’a rien à éviter puisque le gros du dégât matériel proviendrait du véhicule automobile lui-même.  Il fait savoir à tout automobiliste que sa charrette est assez solide pour craindre quoi que ce soit.

Dakar court après la modernité dans son expansion galopante et est en quête d’espace pour souffler du fait des embouteillages quotidiennes. Ainsi le gouvernement dans le cadre du Plan Sénégal Émergeant (PSE) n’a pas traité en parent pauvre ce secteur du transport en lui dotant un système qui commence à prendre forme.

Dakar, avec la modernité qui commence à prendre forme chaque jour avec les ponts, autoponts, à l’heure du Train Express Régional (TER), du Bus Rapid Transit (BRT), avec l’arrivage de nouveaux bus Dakar-Dem-Dikk (DDD), à l’ère des véhicule électroniques à vitesse automatique il est paradoxale de voir des véhicules hippomobiles d’un âge révolu arpenter les routes goudronnées en plein centre-ville.

En plus, il faut noter une évolution qui appelle pour une reconversion des cochets conducteur de charrette dans les villes à savoir les triporteurs. Ces derniers existent dans plusieurs formes et déclinaisons répondant aux besoins des population. Qu’il s’agisse de triporteur de bagages, de triporteurs citerne, de triporteur pour le transport de personnes de triporteur pour déchets ménager ou ferraille, de triporteur en benne, etc. pour dire que la solution est là et les mécanismes pour y accéder sont disponibles. Seulement, comme dit l’adage « on aura beau chasser le naturel, il reviendra toujours au galop » et puis Axel Cabou n’a-t-elle pas raison sur nous autres africain en se posant la question « et si l’Afrique refusait le développement ».

De toutes les façons les autorités étatiques, gouvernementales ont établies un arsenal d’instruments et de dispositions juridiques pour réglementer cette situation appuyer en cela par des associations et autres organismes. Ces derniers ont même travaillé avec les autorités policières dans le cadre de formation et de séminaires. Là où le bât blesse, c’est niveau de l’application et de l’applicabilité des lois et règlements. En plus ces charretiers qui viennent du monde rural ne connaissent que la ruralité de l’espace et assimile la ville au village.

Les dégâts causés sont énormes et multiples et n’épargnent aucuns secteurs de la vie urbaines. Nous y reviendrons la prochaine fois.

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